Aide ménagère MDPH : comment obtenir une aide à domicile en situation
Aide ménagère MDPH : conditions, démarches, montants PCH et aides cumulables en 2026. Guide pratique pour les personnes handicapées et leurs aidants.


La MDPH ne verse pas directement d'« aide ménagère » en tant que telle. En revanche, elle peut financer les actes ménagers via la Prestation de Compensation du Handicap (PCH), dans son volet aide humaine. Le tarif horaire pris en charge atteint 19,92 € par heure pour les actes courants (service-public.fr, fiche F14202). D'autres organismes — CPAM, CAF, Conseil départemental, CCAS — proposent aussi des dispositifs, cumulables sous conditions avec la PCH. Ce guide détaille le parcours complet, du dossier au choix du prestataire.
La MDPH finance-t-elle vraiment une aide ménagère à domicile ?
Aucune prestation intitulée « aide ménagère » n'existe à la MDPH. Ce terme, largement utilisé par les familles, recouvre en réalité plusieurs dispositifs distincts. Au premier rang des dispositifs, la PCH aide humaine couvre les actes essentiels de la vie quotidienne y compris l'entretien du logement et les tâches ménagères.
Cette prestation prend en charge 100 % des dépenses dans la limite de 19,92 € par heure pour les actes courants, ou 20,70 € par heure lorsque l'intervention comporte des gestes liés à des soins ou des aspirations endo-trachéales (service-public.fr, fiche F14202). Ce tarif s'applique quel que soit le mode d'intervention retenu — emploi direct, service mandataire ou service prestataire.
À côté de la PCH, le Conseil départemental peut attribuer une aide sociale à l'hébergement ou une aide ménagère via le Centre communal d'action sociale (CCAS). Ces aides départementales obéissent à des critères de ressources et à un règlement d'aide sociale propre à chaque département. Contrairement à la PCH, elles ne relèvent pas de la CDAPH mais du président du Conseil départemental.
⚠️ Attention : confondre ces deux circuits (MDPH/PCH d'un côté, Conseil départemental/aide sociale de l'autre) peut allonger les délais. Si votre besoin principal est l'aide aux actes ménagers, commencez par vérifier votre éligibilité à la PCH avant de solliciter le CCAS.
PCH aide humaine : ce qu'elle couvre réellement
La PCH aide humaine ne se limite pas à l'assistance pour la toilette ou l'habillage. Elle couvre aussi les actes liés à l'entretien du logement : ménage, lessive, courses, préparation des repas. Ces tâches sont considérées comme des actes essentiels lorsqu'une personne justifiant d'un handicap ne peut les accomplir seule.
La prise en charge est intégrale dans la limite des tarifs réglementés. Concrètement, une personne ayant besoin de 15 heures d'aide par mois pour les tâches ménagères peut prétendre à un financement PCH de 298,80 € par mois (15 × 19,92 €), sans avance de frais si elle passe par un prestataire agréé. Le nombre d'heures est déterminé par l'équipe pluridisciplinaire de la MDPH, en fonction de l'évaluation des besoins.
Ce plan personnalisé fixe un volume horaire mensuel. Il distingue généralement les heures de surveillance (aide à la personne) des heures d'entretien (actes ménagers). Tous deux relèvent de la PCH aide humaine.
Aide sociale ménagère du Conseil départemental : le rôle du CCAS
Quand une personne en situation de handicap ne remplit pas les conditions de la PCH — dépassement de la limite d'âge de 60 ans ou taux d'incapacité inférieur au seuil — le Conseil départemental peut relayer via l'aide sociale. Cette aide est instruite par le CCAS ou les services départementaux, selon un barème de ressources.
L'attribution revient au président du Conseil départemental, sur avis d'une commission. Ce financement est généralement plafonné à un nombre d'heures mensuelles, avec une participation du bénéficiaire calculée selon ses revenus. Les montants varient d'un département à l'autre. Une partie de l'aide sociale peut être récupérée sur la succession du bénéficiaire, contrairement à la PCH qui n'est pas récupérable.
💡 À noter : renseignez-vous auprès du CCAS de votre commune avant de déposer un dossier départemental. Des aides ponctuelles non soumises à condition de ressources peuvent aussi être obtenues via le CCAS.
Personnes concernées : situation de handicap et conditions d'éligibilité
Pour bénéficier de la PCH aide humaine, il faut remplir trois conditions cumulatives. Il faut d'abord résider en France de façon stable et avoir moins de 60 ans lors de la première demande. Il faut aussi présenter une difficulté absolue pour au moins un acte essentiel ou une difficulté grave pour deux actes.
Les personnes de nationalité étrangère doivent justifier d'un titre de séjour régulier. Cette résidence peut être un domicile privé, un logement inclusif ou un établissement avec hébergement.
Au-delà de 60 ans, la PCH reste versée si elle a été attribuée avant cet âge. Les personnes qui découvrent leur handicap après 60 ans doivent se tourner vers l'APA (Allocation Personnalisée d'Autonomie), gérée elle aussi par le Conseil départemental. Pour approfondir ce sujet, consultez les aides financières de la MDPH en 2026.
Conditions pour bénéficier d'une aide ménagère via la MDPH
Un taux d'incapacité permanente d'au moins 50 %, apprécié par le guide-barème de la sécurité sociale, conditionne l'éligibilité à la PCH. Après instruction par l'équipe pluridisciplinaire, la CDAPH statue sur l'ensemble des droits.
Ce taux mesure la gêne fonctionnelle dans la vie quotidienne, professionnelle et sociale. Une personne justifiant d'un handicap moteur lourd obtiendra généralement un taux supérieur à 80 %. En revanche, un taux compris entre 50 % et 79 % ouvre droit à la PCH uniquement si la personne justifie également d'une restriction substantielle et durable pour l'emploi (RSDAE).
Une personne en invalidité catégorie 2 n'est pas automatiquement éligible à la PCH. La reconnaissance d'invalidité par la sécurité sociale constitue un indice, mais la décision appartient à la CDAPH, qui mène sa propre évaluation. Elle peut donc se voir refuser la PCH si son taux d'incapacité est jugé inférieur à 50 %.
Critères liés à la situation de handicap (taux d'incapacité, actes essentiels)
Un taux de 50 % d'incapacité permanente conditionne l'accès à la PCH. L'évaluation porte sur l'accomplissement des actes essentiels : se laver, s'habiller, se nourrir, se déplacer, mais aussi entretenir son logement et gérer ses affaires courantes.
Par difficulté absolue, on entend l'incapacité totale à réaliser l'acte sans aide. La difficulté grave désigne un acte réalisé avec un effort considérable ou dans des conditions anormales, sans pouvoir l'accomplir pleinement. Un seul acte en difficulté absolue suffit pour ouvrir droit à la PCH ; à défaut, il faut deux actes en difficulté grave.
Les personnes dont les revenus sont inférieurs à certains plafonds peuvent également prétendre à l'AAH et à la majoration pour vie autonome (MVA). Pour en savoir plus sur les démarches globales, consultez notre guide complet sur l'aide à domicile pour personnes âgées.
Invalidité catégorie 2 et aide ménagère : quelle articulation ?
Cette pension catégorie 2 est attribuée par la CPAM à une personne reconnue inapte au travail mais pas dans l'obligation de recourir à une tierce personne (contrairement à la catégorie 3). Cette distinction est capitale : une personne en invalidité catégorie 2 n'a pas, par définition, de reconnaissance automatique de besoin d'aide humaine.
Pour obtenir une aide ménagère, une personne en invalidité catégorie 2 doit donc déposer un dossier MDPH et faire reconnaître son taux d'incapacité supérieur à 50 %. Parallèlement, la CPAM peut intervenir via l'assurance maladie pour une aide à domicile temporaire, notamment après une hospitalisation. Cette aide CPAM est distincte de la PCH et obéit à ses propres critères médicaux.
Ce cumul est possible : une personne peut percevoir la PCH pour ses besoins d'aide humaine ET bénéficier ponctuellement du dispositif CPAM pour une période de convalescence. Les deux guichets ne se font pas concurrence, ils répondent à des besoins différents.
Handicap psychique : des règles spécifiques à connaître
Le handicap psychique — schizophrénie, troubles bipolaires, dépressions résistantes, troubles obsessionnels compulsifs sévères — ouvre droit aux mêmes dispositifs que le handicap moteur ou sensoriel, à condition que le taux d'incapacité atteigne 50 %.
L'évaluation des actes essentiels prend ici une dimension spécifique : l'entretien du logement peut être compromis par une désorganisation cognitive, un manque d'initiative ou des angoisses envahissantes. L'équipe pluridisciplinaire de la MDPH doit intégrer ces réalités dans son plan d'aide.
Pour les aidants de personnes souffrant de handicap psychique, il est utile de joindre au dossier MDPH un certificat médical détaillé décrivant les répercussions concrètes sur les actes quotidiens. Sans ces précisions, le besoin d'aide ménagère risque d'être sous-estimé par rapport à un handicap physique visible. La CDAPH statue sur pièces : la qualité du certificat médical est déterminante.
L'essentiel
- La PCH aide humaine finance les actes ménagers à hauteur de 19,92 €/h (actes courants) ou 20,70 €/h (soins), sans reste à charge dans la limite du plan d'aide
- Le dossier MDPH (cerfa 15692) doit décrire précisément l'impact du handicap sur les tâches quotidiennes pour maximiser les heures attribuées
- Le crédit d'impôt de 50 % (plafond 20 000 € jusqu'au 31/12/2026) couvre les heures non financées par la PCH
- L'aide sociale départementale est récupérable sur succession au-delà de 46 000 € d'actif net ; la PCH ne l'est jamais
- Avant 60 ans, privilégier le guichet MDPH/PCH ; après 60 ans ou en cas de refus, se tourner vers le Conseil départemental ou le CCAS
Comment faire la demande d'aide ménagère auprès de la MDPH : le dossier étape par étape
Toute demande de PCH passe par le formulaire unique cerfa 15692, téléchargeable sur formulaires.service-public.fr ou disponible auprès de la MDPH de votre département. Ce formulaire couvre l'ensemble des prestations MDPH : AAH, carte mobilité inclusion, PCH, orientation professionnelle.
Quatre étapes structurent le parcours type. D'abord, la constitution du dossier avec le certificat médical (datant de moins de 6 mois), les justificatifs d'identité et de domicile, et la description du projet de vie. Ensuite, le dépôt auprès de la MDPH, qui délivre un accusé de réception. L'équipe pluridisciplinaire évalue alors les besoins à domicile ; elle peut se déplacer au logement. Enfin, la CDAPH statue sur le plan d'aide.
Le délai réglementaire d'instruction est de 4 mois. Passé ce délai sans réponse, la demande est implicitement rejetée : il est alors possible de former un recours contentieux devant le tribunal judiciaire ou un recours gracieux auprès de la MDPH. En pratique, les délais varient selon les départements, de 3 à 6 mois.
📌 Important : conservez l'accusé de réception. Il fait courir le délai de 4 mois et constitue la preuve de votre démarche en cas de litige.
Le formulaire MDPH (cerfa 15692) : comment le remplir
Le cerfa 15692 couvre l'ensemble des volets de la demande — identité, situation professionnelle et certificat médical notamment. Pour la PCH aide humaine, cochez la case correspondante et joignez le volet « expression des attentes et des besoins » (projet de vie).
Décrivez précisément les tâches que vous ne pouvez pas accomplir : entretien du logement, courses, lessive, préparation des repas. Indiquez la fréquence souhaitée (heures par semaine, par mois) et précisez si un aidant familial assure déjà une partie de l'aide. Ces informations guident l'évaluation du plan d'aide par l'équipe pluridisciplinaire.
Le certificat médical (volet du cerfa ou formulaire libre accepté par certaines MDPH) doit décrire les limitations fonctionnelles, pas seulement le diagnostic. Un médecin qui indique « troubles psychotiques » sans détailler l'impact sur la vie quotidienne affaiblit le dossier.
Pièces justificatives et dossier aide sociale aide ménagère personnes handicapées
Au-delà du formulaire cerfa 15692, le dossier MDPH doit comporter une pièce d'identité, un justificatif de domicile de moins de 3 mois, un certificat médical détaillé, et selon les cas, des justificatifs de ressources (avis d'imposition ou attestation CAF). Un justificatif de régularité de séjour est exigé pour les ressortissants étrangers.
Pour l'aide sociale du Conseil départemental, le dossier est distinct : formulaire départemental spécifique, justificatifs de ressources, avis d'imposition, et parfois un certificat médical. Le CCAS peut accompagner gratuitement dans la constitution de ce dossier. Les personnes dont les revenus connaissent une baisse récente (arrêt maladie, passage à temps partiel) doivent le signaler : le barème de participation tient compte des ressources actuelles, pas seulement du dernier avis d'imposition.
Délais d'instruction et décision de la CDAPH
La CDAPH se réunit selon un calendrier propre à chaque MDPH, généralement une à deux fois par mois. Elle statue sur le plan d'aide PCH — nombre d'heures attribuées, tarif horaire de référence, durée d'attribution (5 ans maximum, renouvelable).
En cas d'accord ou de refus, la décision est notifiée par courrier. Un accord déclenche le versement mensuel, sur présentation des factures ou bulletins de salaire (gré à gré). Tout refus doit être motivé ; il peut faire l'objet d'un recours administratif préalable obligatoire (RAPO) dans les 2 mois.
Pour les aidants qui découvrent ces dispositifs, le guide complet sur l'aide à domicile pour personnes âgées expose les mécanismes communs avec l'APA, notamment pour les personnes dépassant l'âge seuil de la PCH.
Scénario chiffré : estimation du reste à charge mensuel
Prenons le cas d'une personne de 45 ans, vivant seule, justifiant d'un handicap moteur avec un taux d'incapacité de 70 %. L'équipe pluridisciplinaire évalue ses besoins à 20 heures d'aide humaine par mois, dont 12 heures d'aide à la personne (toilette, habillage) et 8 heures d'actes ménagers.
Le tarif PCH uniforme de 19,92 € par heure s'applique. Le financement mensuel s'élève à 398,40 € (20 × 19,92 €). La personne n'avance pas les frais si elle passe par un prestataire agréé : la MDPH verse directement le service. Dans ce scénario, le reste à charge est nul pour les heures comprises dans le plan d'aide.
À cela s'ajoute le crédit d'impôt services à la personne si la personne règle elle-même un prestataire au-delà des heures PCH. Avec un taux de crédit d'impôt de 50 %, une heure supplémentaire facturée 24 € coûte in fine 12 €. Pour découvrir d'autres pistes de financement, consultez notre article sur comment bénéficier d'une aide à domicile gratuite.
Qui a le droit d'avoir une aide ménagère ? Les autres dispositifs à connaître
La MDPH n'est pas le seul guichet. D'autres organismes — CPAM, CAF, Conseil départemental — financent aussi des aides ménagères, selon des logiques distinctes. Ces dispositifs sont parfois cumulables entre eux, à condition que les heures financées ne dépassent pas le besoin réel évalué.
Cette caisse intervient sur prescription médicale pour les assurés en invalidité ou après hospitalisation. La CAF cible les familles avec jeunes enfants ou les personnes isolées en situation de fragilité temporaire. Le Conseil départemental et le CCAS proposent une aide sociale aux personnes âgées ou handicapées ne remplissant pas les conditions PCH. Connaître ces trois guichets évite de rester sans solution en cas de refus MDPH.
Pour les personnes qui relèvent du guichet départemental plutôt que de la MDPH, l'aide du Conseil général pour les personnes en perte d'autonomie détaille les démarches et barèmes applicables.
Formulaire demande aide ménagère CPAM : pour les assurés en invalidité
Les assurés sociaux en invalidité (toutes catégories) peuvent bénéficier d'une aide ménagère à domicile financée par l'assurance maladie, via leur caisse primaire. La demande s'effectue sur le formulaire S 3130 (demande d'aide-ménagère à domicile), disponible auprès de la CPAM ou en téléchargement sur ameli.fr.
Ce dispositif est subordonné à une prescription médicale attestant que l'état de santé nécessite une aide temporaire pour les tâches ménagères. La durée de prise en charge est généralement limitée à 3 mois, renouvelable sur avis médical. Le montant horaire est pris en charge intégralement ou partiellement selon la caisse et la situation du bénéficiaire.
Ce dispositif se distingue de la PCH par son caractère temporaire et médicalisé : il répond à un besoin ponctuel (post-opératoire, décompensation), non à un besoin structurel lié au handicap. Une personne en invalidité catégorie 2 peut cumuler ce dispositif CPAM avec une PCH aide humaine, pour des heures distinctes.
Aide ménagère CAF : pour les familles et les personnes sous certaines conditions
Cette aide de la CAF s'adresse aux familles confrontées à une difficulté passagère : naissance multiple, hospitalisation, décès d'un parent. Le service est assuré par une technicienne de l'intervention sociale et familiale (TISF), financée par la CAF selon un barème de ressources.
Une personne isolée en situation de handicap peut également solliciter cette aide si elle a un enfant à charge ou si elle est allocataire d'une prestation familiale. La demande s'effectue auprès de la CAF, qui évalue le besoin et le reste à charge.
Cette aide CAF n'est pas conçue pour un besoin durable lié au handicap. Elle constitue une solution de dépannage, le temps de mettre en place un dispositif pérenne via la MDPH ou le Conseil départemental. Le cumul avec la PCH est possible, à condition de ne pas financer les mêmes heures deux fois.
Aide sociale aide ménagère Conseil départemental et CCAS
Chaque département définit son propre règlement d'aide sociale. L'aide ménagère départementale est attribuée sous conditions de ressources aux personnes de plus de 60 ans ou aux personnes handicapées ne remplissant pas les critères PCH (taux inférieur à 50 %, première demande après 60 ans).
Ces dossiers sont souvent instruits au niveau communal par le CCAS. Il joue un rôle de premier accueil : information, aide à la constitution du dossier, orientation vers le bon guichet. Certains CCAS proposent aussi leurs propres prestations d'aide à domicile, financées sur le budget communal, sans condition de handicap.
Cette participation est calculée selon un barème progressif. Les personnes dont les ressources sont inférieures à un plancher départemental peuvent bénéficier d'une prise en charge intégrale. Celles dont les revenus dépassent un certain seuil participent à hauteur d'un pourcentage croissant. Pour aller plus loin, consultez notre article sur l'aide du Conseil général pour les personnes en perte d'autonomie.
Comment bénéficier d'une aide ménagère gratuitement ou presque : aides cumulables et crédit d'impôt
Plusieurs dispositifs permettent de réduire le reste à charge, voire d'obtenir une aide ménagère sans frais. Le crédit d'impôt services à la personne, la majoration pour vie autonome (MVA) et l'exonération des cotisations sociales pour les aidants familiaux constituent les trois leviers principaux. Bien articulés avec la PCH, ils peuvent couvrir l'intégralité du coût horaire.
L'erreur classique : ne pas déclarer l'emploi d'un aidant à domicile via le Cesu et perdre le crédit d'impôt de 50 %. Une heure facturée 22 € par un organisme agréé coûte in fine 11 € après crédit d'impôt. En cumulant PCH (sur les heures du plan d'aide) et crédit d'impôt (sur les heures supplémentaires), le reste à charge peut être quasi nul.
Attention toutefois à un piège méconnu : l'aide sociale départementale peut être récupérée sur la succession du bénéficiaire, au-delà d'un certain seuil d'actif net successoral. La PCH, en revanche, n'est jamais récupérable. Cette différence justifie, quand c'est possible, de privilégier le guichet MDPH au guichet départemental, surtout pour les personnes qui souhaitent préserver leur patrimoine.
Crédit d'impôt services à la personne : plafond et calcul
Le crédit d'impôt pour l'emploi d'un salarié à domicile ou le recours à un organisme de services à la personne ouvre droit à une réduction d'impôt de 50 % des dépenses engagées. Le plafond est fixé à 20 000 € par logement pour la période allant du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2026 (impots.gouv.fr, mise à jour du 7 avril 2026).
Une personne dépensant 3 000 € par an pour l'entretien du domicile bénéficie d'un crédit d'impôt de 1 500 €, sous réserve d'être imposable ou de percevoir un remboursement si l'impôt est inférieur au crédit. Le dispositif est cumulable avec la PCH : les heures financées par la PCH n'entrent pas dans le calcul du crédit d'impôt, mais les heures supplémentaires oui.
Elle s'effectue via le formulaire 2042 RICI, en reportant le montant des dépenses dans la case dédiée. Le montant total des aides publiques (PCH, APA, aide sociale) doit être déduit de l'assiette du crédit d'impôt.
La majoration pour vie autonome (MVA) : une aide méconnue
Versée aux bénéficiaires de l'AAH disposant d'un logement indépendant, la majoration pour vie autonome (MVA) est conditionnée à la perception d'une aide personnelle au logement (APL, ALF, ALS). Son montant forfaitaire est de 104,77 € par mois (service-public.fr, fiche F12903).
Son objectif n'est pas spécifiquement de financer une aide ménagère. Elle vise à couvrir les dépenses courantes d'entretien du logement pour les personnes qui vivent de façon autonome. Dans les faits, cette aide complète indirectement le budget ménager via la PCH ou l'aide sociale.
Elle est cumulable avec la PCH aide humaine, sans condition de déduction. En cumulant AAH à taux plein et MVA avec une PCH couvrant 15 heures mensuelles, le reste à charge peut devenir nul pour l'entretien du logement, sous réserve que le plan d'aide couvre le volume horaire nécessaire.
Piège à éviter : la récupération de l'aide sociale sur succession
L'aide sociale versée par le Conseil départemental au titre de l'aide ménagère fait l'objet d'une récupération sur la succession du bénéficiaire, dès lors que l'actif net successoral dépasse 46 000 € (seuil en vigueur depuis la loi du 28 décembre 2015). Les sommes récupérées ne peuvent pas excéder le montant de l'aide versée.
En revanche, la PCH échappe totalement à ce mécanisme. Le législateur a conçu la PCH comme une prestation universelle non récupérable, précisément pour éviter que les personnes handicapées ne renoncent à leurs droits par crainte d'appauvrir leurs héritiers.
En pratique, une personne éligible aux deux dispositifs a intérêt à épuiser ses droits PCH avant de solliciter l'aide sociale départementale. Le CCAS et les services de la MDPH peuvent aider à arbitrer entre ces deux voies.
Choisir son prestataire d'aide ménagère à domicile : prestataire, mandataire ou gré à gré
Trois modes d'intervention sont financés par la PCH. Le choix impacte le reste à charge, la gestion administrative et la souplesse horaire.
- Service prestataire agréé : l'organisme emploie l'intervenant, facture directement à la MDPH dans la limite du plan d'aide. Aucune gestion administrative pour le bénéficiaire. C'est la solution la plus simple, mais les disponibilités horaires sont parfois contraintes.
- Mandataire : le bénéficiaire est l'employeur, mais l'organisme mandataire gère les formalités (bulletins de salaire, déclarations). La PCH verse l'allocation au bénéficiaire, qui paie ensuite l'intervenant. Plus de souplesse dans le choix de l'intervenant, mais une avance de trésorerie.
- Emploi direct (gré à gré) : le bénéficiaire recrute directement son intervenant, souvent un aidant familial ou une connaissance. La PCH couvre le salaire et les cotisations sociales. Le conjoint ou le parent peut être rémunéré, ce qui transforme l'aidant en auxiliaire de vie officiel.
Chaque Conseil départemental tient à jour la liste des prestataires d'aide agréés, disponible sur demande ou en ligne. Comparer les tarifs pratiqués au-delà du plafond PCH permet d'anticiper le reste à charge éventuel sur les heures supplémentaires.
Sources
- service-public.gouv.fr
- impots.gouv.fr
- formulaires.service-public.gouv.fr
- service-public.gouv.fr
- service-public.gouv.fr
Fiche pratique
| Tarif PCH aide humaine (actes courants) | 19,92 €/h |
| Tarif PCH aide humaine (soins) | 20,70 €/h |
| Plafond crédit d'impôt SAP | 20 000 € par logement (2015-2026) |
| Formulaire MDPH | Cerfa 15692 |
| Délai d'instruction | 4 mois maximum |
| MVA (complément AAH) | Forfait mensuel, conditions sur service-public.fr |
| Récupération sur succession | Aide sociale départementale uniquement (pas la PCH) |
Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas l'avis d'un conseiller financier. Étudiez votre situation avec un professionnel agréé avant de vous engager.
Questions sur les aides seniors
Comment avoir une aide-ménagère avec la MDPH ?
Déposez un dossier de demande de PCH aide humaine via le formulaire cerfa 15692 auprès de votre MDPH. Le dossier doit inclure un certificat médical détaillant l'impact du handicap sur les actes quotidiens. Après évaluation par l'équipe pluridisciplinaire, la CDAPH fixe un plan d'aide (nombre d'heures et tarif horaire, 19,92 €/h maximum pour les actes courants).
Comment bénéficier d'une aide-ménagère gratuitement ?
En cumulant la PCH aide humaine (qui couvre 100 % des heures du plan d'aide) avec le crédit d'impôt services à la personne (50 % des heures supplémentaires). Si le plan d'aide couvre l'intégralité des besoins, le reste à charge est nul. La MVA (104,77 €/mois) peut également absorber les frais annexes. Attention : l'aide sociale départementale peut être récupérée sur succession.
Qui a le droit d'avoir une aide-ménagère ?
Plusieurs profils : les personnes en situation de handicap avec un taux d'incapacité ≥ 50 % (via la MDPH/PCH), les assurés en invalidité (via la CPAM), les familles en difficulté passagère (via la CAF), et les personnes âgées de plus de 60 ans en perte d'autonomie (via le Conseil départemental/APA). Les personnes de nationalité étrangère doivent justifier d'un titre de séjour régulier.
Qui peut bénéficier d'une aide-ménagère suite à une maladie ?
En cas d'hospitalisation ou de pathologie invalidante temporaire, la CPAM peut financer une aide ménagère sur prescription médicale (formulaire S 3130). Si la maladie entraîne un handicap durable avec un taux d'incapacité ≥ 50 %, c'est le guichet MDPH/PCH qui prend le relais. Les deux dispositifs sont cumulables pour des heures distinctes.
La PCH aide humaine couvre-t-elle le ménage et les courses ?
Oui. La PCH couvre les actes essentiels de la vie quotidienne, ce qui inclut l'entretien du logement, la lessive, la préparation des repas et les courses. Ces tâches sont intégrées au plan d'aide personnalisé, au même titre que l'aide à la toilette ou à l'habillage.
L'aide sociale ménagère du Conseil départemental est-elle récupérable sur succession ?
Oui. Contrairement à la PCH (jamais récupérable), l'aide sociale versée par le département peut être récupérée sur la succession si l'actif net dépasse 46 000 €. Les sommes récupérées sont plafonnées au montant total de l'aide versée.
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