Conditions pour bénéficier de l'allocation journalière du proche aidant (AJPA)
Qui peut toucher l'allocation journalière du proche aidant (AJPA) ? Conditions d'éligibilité, personnes aidées concernées, démarches CAF ou MSA


Pour bénéficier de l'Allocation Journalière du Proche Aidant (AJPA) en 2026, l'aidant doit avoir un lien étroit avec la personne aidée et réduire ou cesser son activité. La personne aidée doit avoir un taux d'incapacité d'au moins 80 % (MDPH) ou une perte d'autonomie majeure (GIR 1 à 3).
L'allocation journalière du proche aidant (AJPA) est une aide financière destinée à compenser la perte de revenus d'une personne qui réduit ou cesse son activité pour s'occuper d'un proche en situation de handicap ou de perte d'autonomie. Pour en bénéficier, des conditions strictes s'appliquent tant à l'aidant (statut professionnel, lien avec la personne aidée) qu'à la personne aidée (taux d'incapacité ou niveau de dépendance reconnu). Cette aide est versée par la Caisse d'Allocations Familiales (CAF) ou la Mutualité Sociale Agricole (MSA).
Cette aide financière s'inscrit dans un cadre plus large de soutien aux personnes âgées, notamment celles qui bénéficient de l' aide à domicile personnes âgées : guide complet 2026.
Qu'est-ce que l'allocation journalière du proche aidant (AJPA) ?
L'allocation journalière du proche aidant, ou AJPA, est une prestation financière qui vise à compenser une partie de la perte de salaire subie par une personne contrainte de réduire ou d'interrompre son activité professionnelle pour s'occuper d'un proche dépendant. Elle permet de formaliser et de soutenir un engagement souvent lourd, en offrant une reconnaissance et un soutien financier. Le versement est assuré par la Caisse d'Allocations Familiales (CAF) pour le régime général, ou par la Mutualité Sociale Agricole (MSA) pour les professionnels du secteur agricole.
Cette allocation est versée dans le cadre d'un congé de proche aidant, qui doit être demandé et accepté par l'employeur pour les salariés. Elle est plafonnée en nombre de jours sur l'ensemble de la carrière de l'aidant et pour chaque personne aidée. Son objectif est de permettre à l'aidant de consacrer du temps à son proche sans subir une précarité financière trop importante. Il s'agit donc bien d'un droit lié à une interruption d'activité, et non d'une aide sociale attribuée sous conditions de ressources.
Un revenu de remplacement, pas une aide sociale
Il est essentiel de comprendre la nature de l'AJPA. Contrairement à certaines aides sociales, elle n'est pas soumise à des conditions de ressources. Elle fonctionne comme un revenu de remplacement, à l'image des indemnités journalières versées lors d'un arrêt maladie ou d'un congé maternité. Son but est de remplacer, en partie, le salaire que l'aidant ne perçoit plus parce qu'il a pris un congé spécifique. L'éligibilité repose sur la situation professionnelle de l'aidant et l'état de santé de la personne aidée, et non sur le niveau de revenus du foyer. Cette distinction est fondamentale car elle ouvre le droit à des profils variés, qu'ils soient salariés, fonctionnaires, non-salariés ou même demandeurs d'emploi indemnisés.
CAF ou MSA : qui verse l'AJPA selon votre situation ?
L'organisme payeur de l'AJPA dépend du régime de protection sociale de l'aidant.
- La Caisse d'Allocations Familiales (CAF) : Elle est l'interlocuteur pour la grande majorité des demandeurs, notamment les salariés du secteur privé, les fonctionnaires, les travailleurs indépendants (hors secteur agricole) et les demandeurs d'emploi.
- La Mutualité Sociale Agricole (MSA) : Elle gère les demandes pour les personnes relevant du régime agricole. Sont concernés les exploitants agricoles, les conjoints collaborateurs, les aides familiaux et les salariés des entreprises agricoles.
Le formulaire et les démarches sont spécifiques à chaque organisme, même si les conditions d'attribution de l'aide sont identiques. Il est donc primordial de s'adresser au bon interlocuteur pour ne pas retarder le traitement de son dossier.
Quelles sont les conditions pour bénéficier de l'AJPA côté aidant ?
Pour prétendre à l'AJPA, la personne qui apporte son aide doit remplir plusieurs critères cumulatifs. Ces conditions garantissent que l'aide est bien dirigée vers les personnes qui suspendent leur activité professionnelle pour un motif légitime de soutien à un proche.
Nous détaillons ce point dans revenu mensuel proche aidant 2026 : 6 dispositifs chiffrés.
Voici les principales conditions à respecter :
- Résider en France : Le demandeur doit avoir une résidence stable et régulière sur le territoire français.
- Avoir un lien étroit avec la personne aidée : Il n'est pas obligatoire d'avoir un lien de parenté. La loi définit le proche aidant de manière large.
- Avoir une activité professionnelle ou assimilée : L'AJPA compense une perte de revenus, il faut donc justifier d'une activité antérieure.
- Prendre un congé de proche aidant : Pour les salariés du privé et les agents publics, l'AJPA est conditionnée à l'obtention de ce congé spécifique auprès de l'employeur. Pour les non-salariés et demandeurs d'emploi, une attestation sur l'honneur de réduction ou cessation d'activité est requise.
Ces critères forment le socle des conditions pour bénéficier de l'allocation du proche aidant. Chaque point a ses spécificités, notamment concernant les statuts professionnels éligibles.
Le lien requis avec la personne aidée : qui est concerné ?
La notion de "lien étroit" est plus large que le cercle familial direct. Sont considérés comme proches aidants éligibles à l'AJPA :
- Le conjoint, concubin ou partenaire de PACS.
- Un ascendant (parent, grand-parent) ou un descendant (enfant, petit-enfant).
- Un collatéral jusqu'au 4ème degré (frère, sœur, oncle, tante, cousin germain).
- L'ascendant, le descendant ou le collatéral de son propre conjoint, concubin ou partenaire de PACS.
- Une personne âgée ou handicapée avec laquelle le demandeur réside ou entretient des liens étroits et stables, à qui il vient en aide de manière régulière et fréquente, à titre non professionnel, pour accomplir tout ou partie des actes de la vie quotidienne.
Cette dernière catégorie ouvre le droit à des personnes sans lien de parenté, comme un ami très proche ou un voisin, à condition que la relation d'aide soit bien réelle et démontrable.
Statuts professionnels éligibles : salarié, non-salarié, demandeur d'emploi
L'AJPA s'adresse à un large éventail de profils professionnels, car l'objectif est de compenser une interruption d'activité quelle qu'elle soit. Les statuts éligibles sont :
- Salarié du secteur privé ou agent de la fonction publique (fonctionnaire ou contractuel), à condition d'avoir formalisé un congé de proche aidant.
- Travailleur non-salarié : artisans, commerçants, professions libérales.
- Exploitant agricole ou conjoint collaborateur.
- Stagiaire d'une formation professionnelle rémunérée.
- Demandeur d'emploi indemnisé : la personne doit attester auprès de Pôle emploi (devenu France Travail) de la suspension de sa recherche active d'emploi pour s'occuper de son proche. Le versement de l'allocation chômage est alors suspendu au profit de l'AJPA.
- Personne en recherche d'emploi non indemnisée mais ayant exercé une activité professionnelle antérieurement.
Cette diversité de statuts permet une couverture étendue, reconnaissant que l'aide à un proche peut survenir à tout moment de la vie professionnelle. Pour toute question sur l'éligibilité, il est possible de réaliser une simulation sur le site de la CAF.
Conditions liées à la personne aidée : handicap, perte d'autonomie, MDPH
L'éligibilité à l'AJPA ne dépend pas seulement de la situation de l'aidant, mais aussi et surtout de celle de la personne aidée. Son état de santé doit justifier une aide humaine importante et être reconnu par une autorité compétente. La reconnaissance du besoin d'aide peut prendre plusieurs formes, selon qu'il s'agit d'une situation de handicap ou d'une perte d'autonomie liée à l'âge.
Les critères principaux sont les suivants :
- Un taux d'incapacité permanente d'au moins 80 % : Ce taux doit être reconnu officiellement par la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH).
- Une perte d'autonomie importante : Pour les personnes âgées, la dépendance est évaluée via la grille AGGIR. Seules les personnes classées en Groupe Iso-Ressources (GIR) 1, 2 ou 3 ouvrent droit à l'AJPA pour leur aidant.
- Bénéficiaire de certaines allocations : Si la personne aidée perçoit déjà la Prestation de Compensation du Handicap (PCH), l'Allocation d'Éducation de l'Enfant Handicapé (AEEH) ou une majoration pour l'assistance d'une tierce personne au titre d'une pension d'invalidité, elle est considérée comme éligible.
Voici un tableau récapitulatif des conditions à remplir par la personne aidée.
| Situation de la personne aidée | Condition requise | Organisme certificateur |
|---|---|---|
| Handicap (adulte ou enfant) | Taux d'incapacité permanente ≥ 80% | MDPH |
| Handicap (adulte ou enfant) | Bénéficiaire de la PCH ou de l'AEEH | MDPH / CDAPH |
| Invalidité | Bénéficiaire d'une pension d'invalidité de 3ème catégorie | Caisse d'Assurance Maladie |
| Perte d'autonomie (personne âgée) | Classée en GIR 1, 2 ou 3 | Équipe médico-sociale du département (APA) |
Le conseil départemental joue un rôle crucial dans l'évaluation de la dépendance, comme cela est détaillé pour l' aide personne âgée Conseil général : guide 2026.
Taux d'incapacité MDPH : le seuil de 80 % expliqué
Le taux d'incapacité est une mesure administrative qui évalue les difficultés d'une personne à réaliser les actes de la vie quotidienne, en raison de son handicap. Un taux d'incapacité de 80 % ou plus correspond à une "entrave majeure dans la vie quotidienne", selon le guide-barème officiel (pour-les-personnes-agees.gouv.fr, juin 2026). Cette entrave est considérée comme majeure lorsque la personne a besoin d'une aide effective pour les actes essentiels de l'existence (se lever, se laver, s'habiller, manger) ou que sa situation impose une surveillance régulière. La reconnaissance de ce taux est effectuée par la Commission des Droits et de l'Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH), sur la base d'un dossier déposé à la MDPH. C'est ce document officiel qui devra être fourni lors de la demande d'AJPA.
Grilles GIR et perte d'autonomie : ce que cela signifie concrètement
Pour les personnes de plus de 60 ans, la perte d'autonomie est évaluée à l'aide de la grille AGGIR (Autonomie Gérontologie Groupes Iso-Ressources). Cette grille classe la dépendance en six niveaux, du GIR 1 (dépendance la plus lourde) au GIR 6 (personne autonome). Seules les situations les plus sévères ouvrent droit à l'AJPA pour l'aidant.
- GIR 1 : Personnes confinées au lit ou au fauteuil, dont les fonctions mentales sont gravement altérées, nécessitant une présence indispensable et continue.
- GIR 2 : Personnes confinées au lit ou au fauteuil, dont les fonctions mentales ne sont pas totalement altérées et qui nécessitent une prise en charge pour la plupart des activités de la vie courante. Ou personnes dont les fonctions mentales sont altérées, mais qui ont conservé leurs capacités motrices.
- GIR 3 : Personnes ayant conservé leur autonomie mentale, partiellement leur autonomie motrice, mais qui ont besoin quotidiennement et plusieurs fois par jour d'une aide pour les soins corporels.
Le GIR est déterminé par une équipe médico-sociale du conseil départemental, souvent dans le cadre d'une demande pour l'une des principales conditions pour bénéficier de l'APA.
Pour connaître le montant précis de l'aide, consultez notre article sur le montant de l'APA par personne en 2026.
Durée d'indemnisation et renouvellement : combien de jours peut-on percevoir l'AJPA ?
L'Allocation Journalière du Proche Aidant n'est pas illimitée. Sa durée est encadrée pour permettre un soutien ponctuel mais significatif, sans pour autant se substituer à des solutions de prise en charge pérennes. La législation a évolué pour offrir plus de souplesse et de droits aux aidants. Depuis le 1er janvier 2025, le nombre total de jours d'AJPA a été augmenté (CAF, février 2025), reconnaissant ainsi l'importance de ce dispositif.
Il est possible de fractionner la prise des jours d'AJPA, ce qui offre une grande flexibilité. L'aidant peut choisir de prendre des jours isolés, des semaines complètes ou même des demi-journées en fonction des besoins de la personne aidée (rendez-vous médicaux, absence d'une aide professionnelle, etc.). Cette modularité est un atout majeur du dispositif, permettant de l'adapter au plus près de la réalité du terrain. Le nombre de jours pris est décompté du solde global disponible.
Le plafond de 66 jours par personne aidée
Sur l'ensemble de sa carrière, un aidant peut bénéficier d'un maximum de 66 jours d'AJPA pour chaque personne qu'il aide. Cette règle, en vigueur depuis le 1er janvier 2025, permet de couvrir environ trois mois de soutien à temps plein. Ces 66 jours peuvent être utilisés de manière continue ou discontinue, selon les besoins. Une fois ce crédit de 66 jours épuisé pour un proche donné, il n'est plus possible de percevoir l'AJPA pour cette même personne. Le décompte est précis et suivi par la CAF ou la MSA, qui informe l'aidant de son solde de jours restants.
Aidant de plusieurs proches : comment le comptage fonctionne ?
Un aidant peut être amené à s'occuper de plusieurs proches au cours de sa vie. La réglementation prévoit cette situation. Une même personne peut percevoir l'AJPA pour différentes personnes aidées, dans la limite de quatre personnes au total sur l'ensemble de sa carrière (CAF, 2025). Pour chaque nouvelle personne aidée (remplissant les conditions d'éligibilité), un nouveau compteur de 66 jours est ouvert.
Prenons un cas concret : Une femme demande l'AJPA en 2026 pour s'occuper de sa mère, classée en GIR 2. Elle utilise 40 jours sur les 66 disponibles. Deux ans plus tard, son conjoint est victime d'un accident et obtient une reconnaissance d'incapacité de 85% par la MDPH. Elle peut alors faire une nouvelle demande d'AJPA pour son conjoint. Elle disposera d'un nouveau crédit de 66 jours pour lui. Au total, elle pourra encore aider deux autres personnes dans sa carrière si la situation se présente.
Prise par demi-journée : mode d'emploi
La flexibilité est l'un des points forts de l'AJPA. Il n'est pas obligatoire de prendre des journées entières. L'allocation peut être demandée et versée pour des demi-journées. Cette option est particulièrement utile pour gérer des besoins ponctuels : accompagner un proche à une consultation médicale, prendre le relais d'une infirmière pour quelques heures, ou simplement se libérer du temps pour les tâches administratives liées à la dépendance. Pour en bénéficier, l'aidant doit simplement le déclarer dans sa demande mensuelle à la CAF ou la MSA, en précisant le nombre de demi-journées prises. Chaque demi-journée est décomptée comme telle du solde global de 66 jours.
Ce que l'AJPA ne permet pas : les cumuls interdits et l'erreur à éviter
Si l'AJPA est une aide précieuse, elle ne peut être perçue en même temps que d'autres revenus de remplacement. Le principe est d'éviter un double dédommagement pour une même période de non-activité. Connaître ces règles de non-cumul est essentiel pour éviter de devoir rembourser des sommes indûment perçues, ce qui peut placer l'aidant dans une situation financière délicate.
L'erreur la plus courante est de penser que l'on peut cumuler différentes indemnités journalières. Or, l'AJPA remplace un revenu professionnel. Si un autre dispositif joue déjà ce rôle (indemnités maladie, chômage, etc.), l'AJPA ne peut s'y ajouter. L'administration procède à des contrôles et les régularisations peuvent intervenir plusieurs mois après le versement, avec des conséquences financières potentiellement lourdes. Il est donc crucial de déclarer toute autre perception de revenu de remplacement à sa CAF ou MSA.
Cumul interdit avec le congé supplémentaire de naissance depuis juillet 2026
⚠️ Attention : Une nouvelle règle importante entre en vigueur au 1er juillet 2026. À partir de cette date, l'Allocation Journalière du Proche Aidant ne sera plus cumulable avec les indemnités journalières perçues au titre du nouveau congé supplémentaire de naissance (MSA, juin 2026). Cette mesure vise à clarifier les droits et à éviter les superpositions d'indemnisation au sein du foyer. L'interdiction s'applique si une même personne demande à bénéficier des deux dispositifs pour une même période. Il reste possible qu'un parent perçoive l'AJPA pour un enfant handicapé pendant que l'autre parent bénéficie du congé de naissance pour un autre enfant, car les bénéficiaires sont distincts.
Autres situations de non-cumul à connaître
Au-delà de cette nouvelle disposition, l'AJPA est incompatible avec la perception des prestations suivantes :
- Indemnités journalières pour maladie, accident du travail ou maternité.
- Indemnisation des congés de paternité et d'accueil de l'enfant.
- Allocation de remplacement pour maternité ou paternité.
- Allocation chômage (le versement de l'ARE est suspendu pendant la perception de l'AJPA).
- Prestation Partagée d'Éducation de l'Enfant (PreParE).
- Allocation aux Adultes Handicapés (AAH), sauf si elle est perçue à taux partiel en complément d'une activité réduite.
- Pension de retraite ou d'invalidité.
Il est également impossible de la cumuler avec un dédommagement versé par la personne aidée au titre de la Prestation de Compensation du Handicap (PCH) pour un emploi d'aide à domicile. En revanche, elle est cumulable avec l'APA allocation personnalisée autonomie perçue par le proche, car cette dernière finance des aides et non l'aidant lui-même.
Comment faire la demande d'AJPA : formulaire CAF, MSA et pièces justificatives
Obtenir l'AJPA nécessite de suivre une procédure précise qui commence bien avant le dépôt du dossier à la CAF ou à la MSA. La première étape, pour les personnes en emploi, est d'officialiser la nécessité de s'absenter auprès de leur employeur. Une fois cette autorisation obtenue, la demande d'allocation peut être formalisée. Il est recommandé de s'y prendre à l'avance car le traitement des dossiers peut prendre plusieurs semaines.
Le site de la CAF propose un simulateur pour estimer ses droits à l'AJPA, un outil pratique avant d'entamer les démarches. La demande se fait ensuite via un formulaire spécifique, le "Formulaire Caf aidant familial", accompagné des pièces justificatives nécessaires pour prouver l'éligibilité de l'aidant et de la personne aidée. Un dossier complet et précis est la clé pour un traitement rapide et une ouverture des droits sans accroc. Le processus varie légèrement selon que l'on est salarié ou non-salarié.
Étapes pour salarié du privé ou fonctionnaire
Pour un salarié du privé ou un agent public, la démarche se déroule en deux temps :
- Demande de congé de proche aidant : L'aidant doit informer son employeur de sa volonté de prendre ce congé en respectant les délais de prévenance prévus par la loi ou la convention collective. La demande doit être accompagnée d'une déclaration sur l'honneur du lien avec la personne aidée et d'un justificatif de la situation de cette dernière (notification MDPH, attestation de GIR...). L'employeur ne peut pas refuser le congé, mais peut en reporter la date sous certaines conditions.
- Demande d'AJPA : Une fois l'attestation de congé obtenue de l'employeur, l'aidant remplit le formulaire de demande d'AJPA (disponible en ligne sur caf.fr) et le transmet à sa CAF avec les autres pièces justificatives. Le versement est mensuel, sur la base d'une attestation de l'employeur précisant le nombre de jours de congé pris.
Étapes pour exploitant agricole ou non-salarié (MSA)
Pour les travailleurs indépendants et les professionnels du secteur agricole, la procédure est plus directe car il n'y a pas d'employeur. La demande se fait directement auprès de la MSA.
- Cessation ou réduction d'activité : L'aidant doit décider de la période durant laquelle il va réduire ou cesser son activité pour s'occuper de son proche.
- Demande d'AJPA à la MSA : Il doit remplir le formulaire spécifique à la MSA. Ce document inclut une déclaration sur l'honneur attestant de la réduction d'activité et de l'aide apportée. Les pièces justificatives concernant la personne aidée sont les mêmes que pour les autres statuts. C'est la déclaration mensuelle des jours ou demi-journées d'arrêt qui déclenchera le paiement.
Pièces justificatives indispensables
Un dossier complet est essentiel pour un traitement rapide. Voici les pièces à joindre impérativement à votre formulaire de demande :
- Pour tous les demandeurs :
- Une photocopie d'une pièce d'identité en cours de validité.
- Un relevé d'identité bancaire (RIB).
- Une déclaration sur l'honneur du lien familial ou du lien étroit et stable avec la personne aidée.
- Justificatif de la situation de la personne aidée (au choix) :
- Notification de la MDPH justifiant d'un taux d'incapacité d'au moins 80%.
- Décision d'attribution de l'APA mentionnant le classement en GIR 1, 2 ou 3.
- Décision d'attribution de la PCH, de l'AEEH ou d'une pension d'invalidité majorée pour tierce personne.
- Selon le statut de l'aidant :
- Pour les salariés : l'attestation de congé de proche aidant remplie par l'employeur.
- Pour les demandeurs d'emploi : une attestation de suspension de la recherche d'emploi.
- Pour les non-salariés : une déclaration sur l'honneur de réduction ou cessation d'activité.
AJPA et autres aides pour les aidants : ce qu'il faut comparer
L'AJPA est une aide ciblée, mais elle s'inscrit dans un écosystème plus large d'aides destinées à soutenir les personnes en perte d'autonomie et leurs aidants. Il est important de bien la distinguer des autres dispositifs pour mobiliser tous les leviers disponibles. Certaines aides financent directement la personne dépendante pour qu'elle puisse rémunérer des services, tandis que d'autres, comme l'AJPA, compensent la perte de revenu de l'aidant.
Comparer ces dispositifs permet de construire un plan d'aide cohérent. Par exemple, l'AJPA peut être utilisée pour des périodes de soutien intense, tandis que l'Allocation Personnalisée d'Autonomie (APA) financera une aide à domicile gratuite pour personne âgée le reste du temps. Comprendre ces complémentarités est une étape clé pour optimiser l'accompagnement d'un proche. Chaque dispositif a ses propres règles et il peut être pertinent de se renseigner sur chaque aide financière aidant familial existante.
AJPA vs APA : deux aides complémentaires mais distinctes
C'est la confusion la plus fréquente. Ces deux allocations n'ont ni le même objectif, ni le même bénéficiaire.
- L'AJPA (Allocation Journalière du Proche Aidant) :
- Bénéficiaire : L'aidant.
- Objectif : Compenser la perte de salaire de l'aidant qui prend un congé pour s'occuper de son proche.
- Nature : Revenu de remplacement pour l'aidant.
- L'APA (Allocation Personnalisée d'Autonomie) :
- Bénéficiaire : La personne âgée de plus de 60 ans en perte d'autonomie (GIR 1 à 4).
- Objectif : Financer les dépenses nécessaires au maintien à domicile (aide humaine, portage de repas, téléassistance) ou le tarif dépendance en EHPAD.
- Nature : Prestation en nature pour la personne aidée.
💡 À noter : Les deux aides sont parfaitement cumulables. Une personne peut percevoir l'AJPA pour aider son parent, tandis que ce dernier utilise son APA pour payer une aide à domicile quelques heures par semaine.
Autres dispositifs à connaître : don de jours, congé de solidarité
En dehors de l'AJPA et de l'APA, d'autres mécanismes existent pour soutenir les aidants :
- Le don de jours de repos : Un salarié peut, sous conditions, renoncer anonymement et sans contrepartie à des jours de repos non pris au profit d'un autre collègue de l'entreprise qui assume la charge d'un enfant ou d'un proche atteint d'une maladie, d'un handicap ou victime d'un accident d'une particulière gravité.
- Le congé de solidarité familiale : Il permet d'assister un proche en fin de vie. Il n'est pas rémunéré par l'employeur mais peut donner lieu au versement d'une allocation journalière d'accompagnement d'une personne en fin de vie (AJAP), qui n'est pas l'AJPA.
- Le droit au répit : Pour les aidants de personnes bénéficiaires de l'APA, ce droit peut financer un accueil temporaire du proche dans une structure adaptée, afin de permettre à l'aidant de se reposer.
Chacun de ces dispositifs répond à un besoin spécifique (fin de vie, repos, soutien ponctuel) et possède ses propres conditions d'accès.
Points clés
- L'AJPA est un revenu de remplacement versé par la CAF ou la MSA, non une aide sociale.
- Les conditions concernent à la fois le statut de l'aidant et le degré de handicap ou de dépendance de la personne aidée.
- Le plafond d'indemnisation est de 66 jours par personne aidée depuis le 1er janvier 2025 (CAF, 2025).
- L'AJPA n'est pas cumulable avec certaines indemnités, notamment celles du congé supplémentaire de naissance à partir du 1er juillet 2026.
- La demande s'effectue via un formulaire spécifique après avoir obtenu un congé de proche aidant auprès de son employeur.
Sources
Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas l'avis d'un conseiller financier. Étudiez votre situation avec un professionnel agréé avant de vous engager.
Questions sur les aides seniors
Quels sont les critères pour être considéré comme proche aidant ?
Pour être considéré comme proche aidant, il faut entretenir un lien étroit et stable avec la personne aidée (conjoint, ascendant, descendant, etc.) et lui venir en aide de manière régulière et non professionnelle pour accomplir des actes de la vie quotidienne. Il n'est pas nécessaire de vivre sous le même toit.
Quelle aide pour aidant Alzheimer ?
Si une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer a une perte d'autonomie évaluée en GIR 1, 2 ou 3, ou un taux d'incapacité d'au moins 80 % reconnu par la MDPH, son proche aidant peut prétendre à l'Allocation Journalière du Proche Aidant (AJPA) pour compenser une réduction de son activité professionnelle.
Quelle est la nouvelle loi pour les aidants familiaux ?
La loi de financement de la sécurité sociale a étendu les droits à l'AJPA. Depuis le 1er janvier 2025, le nombre de jours indemnisables est passé à 66 jours par personne aidée. Un aidant peut également bénéficier de l'AJPA pour un maximum de quatre personnes différentes au cours de sa carrière.
Quels sont les critères pour être considéré comme un aidant familial ?
Un aidant familial est une personne non professionnelle qui vient en aide à titre principal, ou non, à une personne dépendante de son entourage pour les activités de la vie quotidienne. Pour l'AJPA, il faut un lien de parenté ou un lien étroit et stable, et l'aidant doit réduire ou cesser son activité professionnelle pour s'occuper du proche.
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